Coopérative Notre Avenir – Les soutiens se multiplient

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En novembre dernier, nous vous parlions avec enthousiasme du projet de coopérative Notre Avenir, émanent du personnel du quotidien namurois, en vue de peser dans les négociations de rachat de leur éditeur, jusque-là propriété de Nethys, filiale de l’intercommunale Enodia (ex-Publifin).
Depuis la constitution de la coopérative en octobre dernier, la levée de fonds suit son cours et ambitionne toujours d’atteindre le million d’euros, soit environ 10 % de la valeur estimée des Éditions de l’Avenir, ce qui permettrait à la coopérative d’avoir un certain poids face au nouvel acquéreur. Dans une récente interview accordée à la télévision locale Canal C, le journaliste Albert Jallet a résumé la situation, en informant que le tiers de la somme n’a pas encore été tout à fait atteint, mais que les soutiens se multiplient, signe que le projet séduit.
Andenne et Marche-en-Famenne montrent la voie aux communes
De fait, après le bureau économique (BEP) et la Province de Namur, nous avons appris en début de semaine que la commune d’Andenne a décidé de prendre part à la coopérative, pour encourager la liberté de la presse et marquer sa sympathie aux membres du personnel de l’Avenir. Une démarche qui lui tient d’autant plus à cœur qu’elle entretient des relations houleuses avec l’intercommunale, dont elle dénonce les pratiques managerielles depuis plus de 7 ans. « Nous avons eu les mêmes adversaires, pour un même combat fondamental. Cette participation à la coopérative, c’est un clin d’œil qu’adresse Andenne au journal. (…) Notre intention n’est pas d’exercer le moindre pouvoir, il s’agit d’une aide purement amicale et d’un geste symbolique pour l’indépendance et la diversité de la presse, qui sont capitales pour la démocratie » a ainsi déclaré son bourgmestre Claude Eerdekens à la presse.Moins de 48 heures plus tard, la commune de Marche-en-Famenne s’est aussi positionnée en faveur du projet, avec la perspective de soumettre le point à son prochain conseil communal au mois d’avril. Depuis, d’autres communes ont emboîté le pas, à savoir Namur et Sambreville.
Quelle place peut espérer la coopérative au sein du futur conseil d’administration ?
S’il est prévu de finaliser la vente d’ici le mois de juin, la question fondamentale de la place qu’occupera Notre Avenir dans le nouveau conseil d’administration reste de mise. D’après François Moens, de l’Agence-Conseil Propage-s, qui a accompagné le projet, tout l’enjeu est de ne pas se faire piéger.D’une part, il importe de lever le plus de fonds possible pour représenter un certain « poids » financier. D’autre part, le détail du cahier des charges émis par l’intercommunale a été tenu confidentiel, ce qui signifie que les conditions de rachat ne sont pas connues par la coopérative. Il convient donc d’être prudent quant au rôle qu’elle pourrait jouer. « Nous savons qu’une clause exige l’intégration de la coopérative Notre Avenir dans le plan, mais nous en ignorons à ce jour les détails. Il n’est pas impossible que la coopérative soit écartée des décisions, si ses revendications sont jugées trop ambitieuses par le nouveau repreneur ».
Il faudra attendre que la valse des négociations débute pour y voir plus clair dans l’atteinte des objectifs de la coopérative qui, rappelons-le, aspire avant tout à réinstaurer un climat de confiance et de sérénité au sein du journal. Au dernières nouvelles, il y aurait quatre candidats repreneurs : Fidélium partners, le groupe Rossel, IPM Group (+ partenaires) et Roularta Media Group.
Pour devenir coopérateur de Notre Avenir, rendez-vous ici.