Ça peut paraître évident mais il fallait malgré tout y penser. Et si le concept est né en Angleterre fin des années 90’ avant d’arriver en France en 2008, c’est en 2009 que Claire de Kerautem l’importe en Belgique francophone : le logement intergénérationnel développé par 1Toit2Ages permet à un public étudiant de se loger à un moindre prix que celui du marché – et parfois par la même occasion de simplement pouvoir continuer des études – tout en permettant à des personnes plus âgées de rompre leur isolement et de rester plus longtemps à domicile. « Je n’ai rien inventé, et cela fait même partie d’un mouvement mondial HomeShare International dans lequel le seul continent africain n’est pas représenté. » précise Claire, directrice de l’association bruxelloise. « Là-bas, la notion de famille prend une autre dimension. On vit ensemble tout au long de la vie, et on s’occupe des plus Anciens, question de culture. Avec 1Toit2Ages, nous apportons un cadre juridique clair et sécurisant à une relation qui n’est pas d’ordre familial. »
Bénévole pendant les trois années de son lancement, Claire de Kerautem fait valider ces besoins sociétaux auprès d’instances aussi diverses que l’ULB, l’UCLouvain, et le bourgmestre d’Etterbeek. ‘On m’a vraiment encouragée à développer ce projet, arguant que tant la demande de kots que la problématique du maintien des personnes plus âgées dans leur logement était importante et pouvait donc être solutionnée par cette proposition. J’en ai fait la promotion, j’ai été sollicitée par des mutuelles pour donner des conférences, jusqu’à obtenir le soutien des pouvoirs publics et de Céline Fremault, alors Ministre en charge du logement en Région de Bruxelles-Capitale. C’était en 2012, et la Wallonie a alors assez vite embrayé. » 1Toit2Ages crée 19 binômes la première année, chiffre qui passe à 30 puis 50 au bout de trois ans. En 2025, 738 binômes ont été formés, ce qui porte les bénéficiaires à plus de 6.000 depuis ses débuts. Les femmes seules de plus de 50 ans représentent 80% de son public-cible senior. La moyenne d’âge de celui-ci est de 73 ans. Son équipe comporte à ce jour 14 salariés et 4 bénévoles. Outre Bruxelles, elle est présente à Liège, Charleroi, Mons, Namur, Louvain-la-Neuve, Tournai, Arlon, et a des relais à Chaudfontaine et Marche-en-Famenne.