Fin juin 2025, le gouvernement avait annulé tardivement – moins de deux mois avant l’échéance – la précédente procédure d’appel d’offres. A l’instar d’autres acteurs, SeaCoop s’était pourtant minutieusement préparé à mettre en œuvre la participation citoyenne dans le développement de la zone éolienne offshore Princesse Elisabeth, au sein du consortium Haddock Wind.
Comme le regrettent de nombreux acteurs du secteur, cette annulation de la procédure a engendré un retard important dans le développement de l’éolien offshore, pourtant un levier-clé de l’indépendance énergétique de notre pays et de sa résilience face aux crises énergétiques.
La participation citoyenne « oubliée »
SeaCoop prend aujourd’hui acte de la décision du gouvernement fédéral concernant la nouvelle procédure d’attribution pour les concessions à venir, dont les contours figurent dans le projet d’arrêté royal publié ce 20 avril.
« Nous regrettons profondément que le gouvernement ne reconnaisse pas la plus-value de la participation citoyenne et décide de ne pas mentionner ce critère innovant dans la nouvelle procédure. C’est une véritable occasion manquée. », souligne l’administrateur général de SeaCoop Philippe Awouters. « Le gouvernement recule alors que les citoyens souhaitent avancer. Nous étions prêts et nous le sommes toujours. Malgré cette décision, nous allons donc continuer à agir pour permettre aux citoyens de pouvoir investir dans l’éolien en mer ».
La mobilisation citoyenne est en effet bien réelle : la pétition « Gardez les citoyens à bord de l’éolien offshore » lancée cet automne afin de plaider pour le maintien de la participation citoyenne a rassemblé plus de 20.000 signatures, démontrant que les citoyens veulent rester acteurs de la transition énergétique.
Financement compétitif et plus-value sociale
La participation citoyenne offre à la fois une forme de financement compétitif par la mobilisation d’un capital local et stable, un renforcement de l’indépendance énergétique de notre pays et une réelle plus-value sociétale. Des atouts fondamentaux alors qu’une crise énergétique grave est à nos portes et que l’investissement dans les énergies renouvelables est aujourd’hui une véritable question de sécurité nationale. Les points supplémentaires attribués pour la participation citoyenne permettaient aux consortiums d’associer les citoyens au financement des nouveaux parcs.
« En devenant co-propriétaire, les citoyens reprennent le contrôle. Ils sont davantage impliqués dans la transition énergétique de notre pays, et un soutien sociétal se construit pas à pas pour un système énergétique neutre en CO₂ », souligne SeaCoop.
C’est précisément pour cette raison que l’Union européenne demande aux États membres de créer davantage d’opportunités pour la participation citoyenne directe dans les énergies renouvelables, notamment en donnant une place aux groupements citoyens dans les procédures de marchés publics.
Une énergie produite au service des citoyens
Il est essentiel que les citoyens puissent bénéficier d’un accès à l’électricité à un prix fixe sur le long terme. Outre les entreprises, les citoyens doivent eux aussi y avoir accès. L’énergie produite permet aux citoyens de ne plus être de simples consommateurs, mais de devenir des acteurs à part entière qui reprennent directement le contrôle de leurs factures d’énergie et de la gestion des infrastructures.
Malgré tout, SeaCoop avance. Les citoyens aussi.
Rappelons que SeaCoop a déjà investi dans le parc éolien offshore existant Northwind et que des citoyens sont dont déjà co-propriétaires de 5 éoliennes offshore.
SeaCoop reste pleinement prêt à investir davantage avec les citoyens dans la Zone Princesse Élisabeth, malgré le retrait de ce critère de la procédure d’attribution.
Notre objectif est clair : permettre à un maximum de citoyens d’investir pour un montant accessible, de bénéficier d’une énergie produite localement à un prix juste, et de réinvestir une partie de la valeur créée dans des projets locaux au service de la transition énergétique.