« Au départ, c’est une réflexion d’entrepreneurs qui se demandent comment fidéliser leur personnel. Et très vite, la question de l’accueil des enfants s’est imposée comme une évidence » raconte Françoise Jans, directrice générale de Wal’Crèches Les P’tits Soleils. Des réflexions qui naissent au sein de l’AKT For Wallonia, où plusieurs dirigeants s’interrogent sur les moyens d’attirer et retenir les travailleurs. Parmi eux, Michel Foucart, fondateur de Technord, et Pierre Portier, président du groupe Prefer, qui placent le bien-être de leurs collaborateurs au cœur de leurs préoccupations. Rapidement, la problématique des places en crèches est identifiée comme un angle mort. Une recherche de solutions concrètes s’engage alors.
Alliance public-privé pour un modèle durable
C’est à Tournai que le projet prend forme. Michel Foucart et sa fille Véronique, qui est infirmière pédiatrique, décident de se lancer dans la création d’une crèche de proximité. Véronique prend d’abord le temps de s’inspirer de ce qui se fait de mieux en Belgique, en France et au Québec. De cette démarche naît la crèche Les P’tits Soleils, pensée comme un lieu où l’attention portée aux enfants va de pair avec celle accordée aux équipes, car « on ne fait pas d’enfants heureux si le personnel ne l’est pas » – une conviction qui guide la famille Foucart jusqu’ici.
Au-delà de sa pédagogie qui repose sur la confiance et l’autonomie, et de ses infrastructures pensées pour le bien-être des enfants comme des employés, Les P’tits Soleils propose un modèle économique hybride, encore peu répandu en Belgique. Un choix qui s’explique par le contexte difficile que connaît le secteur : « On fait face à une véritable crise du modèle des crèches en Belgique, avec près de 2000 places qui ont disparu ces dernières années », explique Françoise Jans. « Aujourd’hui, il faut être lucide, une crèche privée est structurellement déficitaire. Si on ne trouve pas de nouvelles solutions, le modèle ne tiendra pas ».
Celui proposé par Les P’tits Soleils s’inscrit dans le système des crèches agréées et subventionnées par l’ONE, qui permet aux parents de payer en fonction de leurs revenus. À ce financement public s’ajoute un système complémentaire basé sur le soutien d’acteurs privés et publics. Entreprises, organisations ou pouvoirs locaux peuvent sponsoriser des places, avec une priorité d’accès en retour. La moitié des places leur est réservée, l’autre restant accessible à toutes les familles. « Même si la réflexion vient du monde de l’entreprise, on ne se veut pas du tout une crèche d’entreprise. On se veut une crèche de proximité, ancrée localement et ouverte à tous », souligne la directrice.