Première saison de maraîchage urbain pour Citeco

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Petite entreprise centenaire, Citeco n’en est pas à son coup d’essai. Si elle continue à prester des services historiques proposés par les ETA, tel que le cannage-rempaillage ou la reliure, elle était récompensée l’année dernière pour un projet de collecte de livres de seconde main. Depuis décembre 2022, elle bénéficie d’un soutien aux ‘entreprises sociales innovantes’ délivré par Bruxelles Economie Emploi pour développer un projet-pilote de maraîchage dans la ville. ‘‘Cette aide financière va nous permettre de tester le projet, valider qu’il convient aux spécificités de nos travailleurs, qu’il trouve bien sa niche de marché ’ commente Antoine, directeur de Citeco.
Concrètement, ce maraîchage urbain prend place sur 800m² répartis en trois sites. ‘L’idée du projet est d’attribuer un autre rôle à des espaces verts qui demandent de l’entretien et sont non utilisés. Pour l’instant, nous travaillons sur des parcelles qui appartiennent à un syndic d’immeuble, au Point-Culture d’Auderghem, et à l’imprimerie Turbel, à Haren. Nous faisons évoluer la fonction de ces espaces, de la seule recherche du beau à une fonction nourricière développée en permaculture. Nous travaillons sur des surfaces de minimum 100 m², sans pesticides, et avec le moins d’arrosage. Nous nourrissons la terre avec de la matière récoltée sur nos chantiers de parcs & jardins, mais aussi avec les déchets organiques produit par la société Eclo (ndlr : anciennement Le Champignon de Bruxelles)’.
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© Citeco
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L’équipe affectée au projet est quant à elle déjà celle qui œuvre à l’aménagement d’espaces verts, avec l’engagement d’un jardinier supplémentaire disposant d’une expérience en maraîchage. L’asbl Courtileke a également formé les travailleurs à l’approche permaculturelle, qui permet de créer des écosystèmes autonomes. Celle-ci travaille la terre, récoltera, mais Citeco ne deviendra en aucun cas un vendeur ou un transformateur du secteur alimentaire. ‘Lors de cette année test, les terrains sont mis à disposition. A l’issue de ce test, et s’il est validé, nous deviendrons donc des prestataires de service, des facilitateurs. Nous approchons des premières récoltes : radis, courgettes, carottes, petits pois’. Le subside de 50.000€ alloué par la Région bruxelloise permet quant à lui de couvrir les frais de personnel, de formation, et l’investissement en matériel.
Des débuts encourageants, un modèle à peaufiner
Trouver son marché, tel est donc l’objectif de Citeco en cette année 0. ‘On ne constate pas encore d’engouement, nous devons encore trouver notre clientèle, également juger de la qualité de nos productions. Notre proposition change quelque peu l’appréhension des espaces verts, et il y a aussi certainement un switch de mentalité à réaliser afin d’y accéder et de la considérer dans son plein potentiel. A terme, c’est évidemment un enjeu de rentabilité qui s’adresse à nous. Il nous faudra être pragmatiques, réalistes, expliquer notre plus-value dans ce contexte de crise qui interroge aussi notre système alimentaire. Nous voulons anticiper et être prêts lorsque le moment sera totalement opportun. Ce projet est en tout cas motivant pour notre personnel : il est novateur, ses résultats sont visibles et palpables. Cet aspect-là des choses est déjà une réussite en soi’.Inscrit dans la stratégie GoodFood de la Région bruxelloise, ce projet d’agriculture urbaine démontre une nouvelle fois tout le potentiel d’acteurs de l’économie sociale qui mordent décidément dans bien des enjeux sociétaux.
En savoir plus: citeco.be
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