L’offshore ouvert aux coopérateurs
Permettre aux citoyen·ne·s belges de participer à la production et à la vente d’électricité verte en devenant copropriétaires d’éoliennes en mer du Nord : telle est l’ambition de l’initiative Notre Énergie. Elle agit comme une plateforme intermédiaire entre les particuliers et les coopératives locales, les orientant vers la structure la plus adaptée à leurs besoins et fournissant des informations sur les services énergétiques disponibles.
En un an, la plateforme a réussi à renforcer la visibilité d’un modèle où les citoyen·nes ne se limitent pas à financer les projets, mais participent aussi aux choix qui les structurent. Un modèle qui entend garder une part du secteur éolien offshore dans des mains belges, préserver les retombées économiques sur le territoire et renforcer l’indépendance énergétique du pays.
Aujourd’hui, 125 000 Belges sont déjà coopérateurs et coopératrices dans des projets d’énergie citoyenne, et Notre Energie aspire à encore élargir ce mouvement.
Un développement freiné
La perspective d’un nouveau développement en mer du Nord, au cœur du projet, se voit cependant compromise. En juin 2025, l’appel d’offres du gouvernement fédéral pour la construction de nouvelles éoliennes en mer (la zone Princesse Elisabeth 1) a été annulé, alors que les consortiums avaient déjà investi environ 50 millions d’euros dans sa phase préparatoire.
La relance de l’appel, un temps annoncée pour mars 2026, reste entourée d’incertitudes. Le ministre fédéral de l’Énergie, Mathieu Bihet, pourrait mener ce processus à terme d’ici l’été 2026, mais aucun calendrier précis n’a été confirmé à ce stade.
Ce report décale la mise en service de la zone, qui est désormais envisagée – au plus tôt – au second semestre 2032. Un retard important pour le développement de l’énergie renouvelable en Belgique, qui met en péril l’atteinte des objectifs climatiques à l’horizon 2030./ alors que les échéances climatiques de 2030 approchent…
De plus, la place accordée à la participation citoyenne dans les futurs critères d’attribution reste, elle aussi, incertaine. Le précédent cadre l’intégrait explicitement, mais rien ne garantit qu’elle sera encore valorisée lors de la prochaine procédure. Les coopératives se préparent quoi qu’il en soit à déposer une offre avec le consortium Haddock Wind lorsque l’appel sera relancé.