Pour les porteurs du projet, le choix du modèle coopératif répondait pleinement à leurs ambitions : « S’agissant d’un projet qui vise à entretenir et recréer du « vivre ensemble », la coopérative agréée est vite apparue comme le meilleur véhicule », explique Anne-Caroline Schnepf, administratrice de la coopérative de l’Auberge du Moulin. « La garantie d’une gouvernance partagée génère plus d’engagement. »
La coopérative a permis de réunir les moyens nécessaires pour acquérir l’auberge et convaincre les partenaires financiers de soutenir l’aventure. « Il s’agissait en premier lieu de faire l’acquisition de l’Auberge, et ensuite de mener des travaux de rénovation. Il fallait une belle mise de départ pour convaincre nos partenaires financiers d’embarquer dans le projet avec nous. À plus de 300 coopérateurs, nous n’étions pas de trop ! »
Plusieurs acteurs de l’économie sociale ont accompagné le collectif. Financité, Febecoop, iES! et W.Alter l’ont soutenu à différentes étapes, depuis les premières réunions jusqu’au financement. Une bourse coopérative du Service public de Wallonie est venue compléter cet appui.
Un projet local, un écho plus large
Le succès de la levée de fonds ne s’explique pas uniquement par l’attachement à ce lieu. Selon Anne-Caroline Schnepf, le projet répond à une aspiration plus large. « Dans le contexte actuel, bon nombre de personnes ont conscience de la nécessité de redévelopper des liens locaux. C’est un ressenti assez universel et apolitique, il touche tant les nostalgiques d’une époque passée où régnait l’entraide villageoise, que des néo-ruraux en quête d’authenticité et de convivialité. »
La dynamique s’est construite pas à pas, en commençant par les habitants eux-mêmes. « Avant de créer la coopérative, nous nous étions assurés de pouvoir réunir un quart de la somme nécessaire auprès des seuls villageois. »
Aujourd’hui, un tiers des coopérateurs sont issus de Belvaux ou des villages voisins. Un autre tiers entretient un lien indirect avec le village ou un lien affectif avec la région, notamment d’anciens vacanciers ou d’anciens scouts ayant passé des camps dans les environs. Les autres coopérateurs ont simplement été séduits par l’initiative et ses valeurs.
Un lieu de vie avant tout
Tout est parti d’un constat partagé par plusieurs habitants : au fil des années, plusieurs lieux de vie avaient disparu, parfois remplacés par des projets touristiques peu connectés à la réalité du village. « Le premier cercle villageois s’est prononcé en faveur d’un lieu de vie et de cohésion pour tous », raconte Anne-Caroline Schnepf.
L’ambition est donc de recréer un espace de rencontre pour les habitants, tout en développant un tourisme plus responsable. Avec son futur hôtel de six chambres, l’Auberge du Moulin de Belvaux entend mettre en valeur les atouts naturels du territoire, situé au cœur d’un Géopark UNESCO et traversé par de nombreux itinéraires de randonnée et de cyclotourisme.
Les travaux se poursuivent afin de permettre l’ouverture du restaurant durant l’été 2026. Une nouvelle phase de rénovation est ensuite prévue pour rouvrir l’hôtel au printemps 2027. Comme le rappelle Anne-Caroline, « Une coopérative, c’est un paquebot. Il met du temps à larguer les amarres, mais une fois en vitesse de croisière, il traverse les vagues avec plus d’habileté ».
Plus d’infos : https://www.aubergedebelvaux.be/