Entretien avec Olivier De Schutter – « L’économie sociale et solidaire, un levier pour lutter contre la pauvreté au-delà de la croissance » - Economie Sociale
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17.03.26

Entretien avec Olivier De Schutter – « L’économie sociale et solidaire, un levier pour lutter contre la pauvreté au-delà de la croissance »

Comment lutter contre la pauvreté dans un contexte de crises sociales, environnementales et de croissance économique incertaine ? Dans un policy brief publié avec l’UNTFSSE (Groupe de travail interinstitutions des Nations Unies sur l’économie sociale et solidaire) et la Coalition mondiale pour la justice sociale, Olivier De Schutter, Rapporteur spécial des Nations Unies sur les droits de l’homme et l’extrême pauvreté, plaide pour un changement de paradigme. L’économie sociale y apparaît comme un levier clé pour lutter contre la pauvreté. Dans cet entretien, il revient sur les pistes explorées, les enjeux européens et sur son rapport à l’économie sociale.              
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  • En février, vous avez publié une note d’orientation qui affirme que l’économie sociale et solidaire (ESS) est un levier pour éradiquer la pauvreté au-delà de la croissance. Pouvez-vous nous expliquer en quoi l’ESS est une alliée dans ce grand chantier ?

    Depuis longtemps, la lutte contre la pauvreté est pensée comme une séquence en trois temps : on fait croître l’économie, ensuite on taxe cette croissance, puis on redistribue les ressources à travers les services publics et la protection sociale.

    Aujourd’hui, ce modèle atteint ses limites. Nous devons réfléchir à la manière de rendre l’économie plus inclusive, sans dépendre d’une croissance infinie du PIB pour protéger les populations les plus vulnérables.

    Dans cette perspective, l’économie sociale et solidaire apporte des solutions. Elle permet de développer des entreprises dont la boussole n’est pas la maximisation des profits pour augmenter les dividendes versés aux actionnaires, mais l’amélioration du bien-être et une meilleure répartition des fruits du progrès. La priorité est donnée à des objectifs tels que la durabilité, la qualité de l’emploi ou encore la satisfaction des besoins sociaux. L’ESS apporte donc des bénéfices qui dépassent largement les organisations qui la composent.

    Mon ambition, et l’ambition de cette note que nous publions, est de réfléchir aux outils que les États peuvent utiliser pour que le modèle de l’ESS devienne, à terme, la feuille de route de l’économie dans son ensemble. Comment faire en sorte que ce qui est aujourd’hui encore souvent une niche ou une exception devienne la règle générale ?

    Imaginons un monde dans lequel toutes les entreprises s’inspireraient des principes de l’ESS… Une économie comme celle-là serait beaucoup plus résiliente et capable de relever les défis qui sont ceux des gouvernements aujourd’hui !

  • Quels sont ces outils que les pouvoirs publics peuvent mobiliser pour soutenir l’économie sociale ? 

    Deux éléments sont essentiels. D’abord, le cadre juridique. Les États doivent reconnaître l’économie sociale et solidaire et lui offrir un cadre réglementaire clair, qui renforce sa visibilité et facilite son développement.

    Ensuite, les outils économiques et fiscaux. Les organisations de l’ESS rendent des services importants à la collectivité. Contrairement à certaines activités économiques qui peuvent engendrer des coûts pour la société, celles-ci génèrent souvent des bénéfices collectifs. Ces contributions devraient être reconnues dans les politiques publiques, par exemple à travers les marchés publics, l’accès au crédit ou des incitations fiscales adaptées.

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    Nous devons imaginer d’autres outils pour lutter contre la pauvreté et encourager une économie plus inclusive, qui réduit les inégalités en amont plutôt que de chercher à les compenser ensuite par les politiques sociales.
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  • L’un des obstacles majeurs rencontrés par les entreprises d’économie sociale reste en effet l’accès au financement. Les entreprises de l’ESS ont souvent plus de difficultés à mobiliser des capitaux privés, car les investisseurs recherchent généralement un rendement financier élevé. C’est pourquoi l’ouverture de lignes de crédit adaptées par les institutions financières constitue sans doute le levier le plus important.

    La Commission européenne prépare sa toute première stratégie de lutte contre la pauvreté. Qu’en attendez-vous ?

    Beaucoup d’espoir est placé dans cette stratégie. Elle devrait permettre de mieux coordonner différentes politiques sectorielles de l’Union européenne afin de lutter contre la pauvreté, et en particulier contre la pauvreté infantile, qui a malheureusement augmenté en Europe ces dernières années.

    Il faut cependant rappeler que de nombreux leviers restent entre les mains des États membres. J’espère donc que cette stratégie européenne encouragera les États à se doter eux aussi de stratégies nationales de lutte contre la pauvreté. La Belgique, par exemple, dispose déjà d’un cadre intéressant, avec une loi adoptée en 2023 qui oblige le gouvernement fédéral à adopter une stratégie de lutte contre la pauvreté dans les douze mois suivant son entrée en fonction. C’est un exemple dont d’autres États membres pourraient s’inspirer.

    Il est toutefois essentiel que ces stratégies dépassent la seule question de l’emploi ou de la protection sociale. Les politiques de logement, de santé, d’éducation ou encore de développement rural doivent également intégrer l’objectif de réduction de la pauvreté.

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  • (…) La croissance économique du passé ne pourra pas être reproduite au même niveau. C’est pourquoi nous devons imaginer d’autres outils pour lutter contre la pauvreté et encourager une économie plus inclusive, qui réduit les inégalités en amont plutôt que de chercher à les compenser ensuite par les politiques sociales.

    Aujourd’hui, dans l’Union européenne, environ un travailleur sur dix est à risque de pauvreté ou d’exclusion sociale. Cela représente près de 20 millions de personnes. Le travail ne garantit donc plus un niveau de vie digne, notamment en raison du développement de formes d’emploi précaires ou fragmentées. C’est pourquoi nous devons repenser le fonctionnement de notre économie pour qu’elle soit réellement inclusive.

    Lors de récentes interventions sur la lutte contre la pauvreté, vous avez insisté sur l’importance d’impliquer les personnes concernées dans la construction des politiques. L’ESS a-t-elle là aussi un rôle à jouer ? 

    L’un des grands apports de l’économie sociale et solidaire est de contribuer à démocratiser l’économie. On parle souvent de démocratie en référence aux institutions politiques, mais il est tout aussi important de démocratiser les organisations économiques qui structurent notre quotidien.

    L’ESS permet aux travailleurs et aux travailleuses de participer aux décisions stratégiques, mais aussi aux usagers d’exprimer leurs besoins. Elle constitue ainsi un véritable laboratoire pour l’inclusion de la parole des personnes en situation de précarité, qui disposent d’une expertise précieuse sur les obstacles qu’elles rencontrent et sur les solutions qui pourraient améliorer leur situation. Les associer à la prise de décision est indispensable pour identifier les leviers les plus efficaces dans la lutte contre la pauvreté.

    Pourquoi êtes-vous, personnellement, un défenseur de l’économie sociale et solidaire ?

    Ce qui me frappe, c’est que l’essentiel des décisions qui influencent notre vie quotidienne sont prises de manière non démocratique, au sein d’entreprises qui ne répondent qu’à un seul impératif : l’augmentation des profits qui peuvent être redistribués aux actionnaires. Et ceci est profondément problématique.

    Je m’engage derrière l’économie sociale et solidaire parce que je considère que ce n’est pas seulement l’État, mais aussi l’économie qui doit être au service de l’intérêt général, au service du bien commun. Nous n’irons pas vers une économie soutenable, qui se détache de l’obsession de l’augmentation du PIB,  si nous ne transformons pas les incitations qui guident les acteurs économiques. L’ESS montre que c’est possible.

     

    Lien vers le policy brief : https://www.neep-poverty.org/joint-policy-briefs/

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