En février, vous avez publié une note d’orientation qui affirme que l’économie sociale et solidaire (ESS) est un levier pour éradiquer la pauvreté au-delà de la croissance. Pouvez-vous nous expliquer en quoi l’ESS est une alliée dans ce grand chantier ?
Depuis longtemps, la lutte contre la pauvreté est pensée comme une séquence en trois temps : on fait croître l’économie, ensuite on taxe cette croissance, puis on redistribue les ressources à travers les services publics et la protection sociale.
Aujourd’hui, ce modèle atteint ses limites. Nous devons réfléchir à la manière de rendre l’économie plus inclusive, sans dépendre d’une croissance infinie du PIB pour protéger les populations les plus vulnérables.
Dans cette perspective, l’économie sociale et solidaire apporte des solutions. Elle permet de développer des entreprises dont la boussole n’est pas la maximisation des profits pour augmenter les dividendes versés aux actionnaires, mais l’amélioration du bien-être et une meilleure répartition des fruits du progrès. La priorité est donnée à des objectifs tels que la durabilité, la qualité de l’emploi ou encore la satisfaction des besoins sociaux. L’ESS apporte donc des bénéfices qui dépassent largement les organisations qui la composent.
Mon ambition, et l’ambition de cette note que nous publions, est de réfléchir aux outils que les États peuvent utiliser pour que le modèle de l’ESS devienne, à terme, la feuille de route de l’économie dans son ensemble. Comment faire en sorte que ce qui est aujourd’hui encore souvent une niche ou une exception devienne la règle générale ?
Imaginons un monde dans lequel toutes les entreprises s’inspireraient des principes de l’ESS… Une économie comme celle-là serait beaucoup plus résiliente et capable de relever les défis qui sont ceux des gouvernements aujourd’hui !